Motivations

Ce n’est non pas les différents organismes susceptibles d’organiser une quelconque aide médicale, mais bien, les hommes et les femmes qui en sont les rouages, que je tiens à honorer. Celui qui s’inscrit dans un programme humanitaire, est au minimum fier d’avoir œuvré pour le bien d’autrui. C’est dans cet esprit un peu anxieux mais certain du bien fondé de cette aventure que je prépare les plans de ce qui risque d’être un peu plus qu’une ligne dans un curriculum vitae d’un acteur. Suivre la reconstitution, au jour le jour, le parcours psychologique d’un jeune médecin allant au front du sauvetage, est toujours une expérience incomparable pour un artiste. Cela peut paraître pompeux ou un peu désuet, mais comme c’est ce que je pense, je préfère honnêtement affirmer ces propos… Je suis un fervent admirateur de cette phrase : « Ce qui définit, un homme, ce sont ses actes ».

 

Note d'intention artistique

Valoriser ces métiers de la santé. Motiver des jeunes à préserver leur idéaux tout au long de leur vie d'adulte. Aborder des problématiques de pays parfois oubliés à cause de leur précarité économique, politique ou naturelle. Parler des gens de là-bas, à travers le parcours d'un gars d'ici. Tout cela passe aussi par la dramaturgie. En espérant qu'elle reste simple et accessible pour tous.

Vis-à-vis des élèves nous avons pris le parti de d'évoquer le parcours d'un jeune homme avec des restes d'attitudes d'adolescent. Le choix des premiers témoignages vont dans ce sens. Puis, le discours s'assagira au fil du spectacle. La finalité pose la question de la « responsabilité » envers autrui. Un résumé des crises existentialistes sur 13 ans d'exil vont rappeler les crises et les questionnements chez les adolescents.Ainsi, ils peuvent, un peu se reconnaitre dans le personnage de Serge, le médecin. Puis le drame agissant, le spectateur s'accrochera de plus en plus à l' « ombre » car elle seule maitrise la survie. Serge passe ainsi pour un anti-héros réel, mais excusable car au début le jeune peut s'y identifier.

La dynamisation du décor sonore par une bande son retraçant chronologiquement près de 14 années de radio belge, amène une écoute très adaptée aux jeunes adolescents. Le « remember » a cela de sympathique c'est qu'il raconte la grande Histoire par des mélodies en accord avec les petites histoires de Serge. Le sens même de la parole peut se mélanger aux paroles des grands standards de l'époque.

La disposition scénique « no man's land », rappelle les élèves à des choses très concrètes, les costumes aussi. Il faut dire que si le concret peut se transformer en artifice onirique, cela amplifie le rayonnement de la tragédie. Le décalage du concret dans un espace artificiel, donne un sentiment d'action vaine dont il faut trouver le sens. Aucun objet sur scène n'est inconnu du public. On ferra la même remarque pour le décor sonore (bruits d'avion, d'enfants qui crient, tir de Kalachnikovs, etc.)

Note d'intention pédagogique

Fort de l'expérience de notre spectacle précédent, « Je lis », nous avons eu envie d'explorer plus profondément un des sujets qui nous tenaient à cœur. L'idée d'un forum après le spectacle, l'utilisation, le témoignage, comme forme littéraire; la théâtralisation d'un sujet humanitaire ; tout cela nous a fini de nous convaincre de l'extrême utilité de notre travail.

Il nous semblait important valoriser ce pan des métiers de la santé. En partant du postulat que les ONGs belges sont souvent disponibles pour parler de leurs activités en milieu scolaire, il est probable qu'un forum soit dynamique. Motiver ainsi, des jeunes à des carrières difficiles mais engagées. En tous les cas, les motiver à préserver leur idéaux tout au long de leur vie d'adulte. En cardant, la problématique des interventions des médecins humanitaires à l'étranger, nous expliquons aussi des situations politiques, économiques, historiques, catastrophiques de chaque contrée. Consciemment, nous nous plaçons dans la cible de la critique. Cela permet ainsi de débattre avec le jeune, des différentes anecdotes citées lors du spectacle. Nous abordons dans le fond, la problématique de l'isolement d'un européen dans un monde méconnu. Par là même, nous pouvons expliquer des sensations liées aux problèmes d'intégration, sujet qui nous est cher. Encore plus profondément, nous laisserons exploser la tragédie qui se joue en chacun de nous à cet âge propice, qu'est l'adolescence : Révolte contre le système, volonté d'un changement ou accession à des activités d'ordre morales. Eh, bien, c'est dans ce même questionnement que nous nous inscrivons : Qu'est-ce qui est juste ? Bien ou mal ? Tels des adolescents, nous nous vautrons dans un univers de certitudes en permanence bousculé par les évènements.

Nous développons aussi un sujet grave : le mutisme des peuples dits du Sud. Nous avons symbolisé ce silence par une omniprésence d'une ombre s'exprimant oralement que très ponctuellement.

Sur le marché des sujets pédagogiques, nous nous situons en parallèle des pièces décriant l'oppression des peuples. C'est cet autre point de vue qui démontre notre volonté d'user d'expressions anti-consensuelles.